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Paris 2014 - SLAM

Publié le 19 Oct. 2015

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Le SLAM, un centenaire toujours jeune


Par Anne Lamort (Présidente du SLAM)

Le Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne est né en 1914. Son ancienneté montre que la librairie a très tôt envisagé de façon collective son rôle dans la transmission du patrimoine écrit. La promotion, voire la défense, du livre ancien et de sa lecture nécessite les efforts conjugués des multiples acteurs de la librairie, chacun avec ses spécialités, mais concourant tous au même objectif.

Quelques libraires éminents réfléchissaient déjà depuis plusieurs années à la constitution d’une association ayant pour objet de faciliter la circulation des livres et l’échange des idées sur la bibliophilie. à une époque où les tracasseries administratives et les règlementations foisonnantes n’avaient pas atteint le degré de raffinement moderne, les libraires n’étaient aucunement mus par la défense d’intérêts catégoriels. Les rapports de la librairie ancienne avec l’administration n’occupent d’ailleurs toujours qu’une partie infime de l’emploi du temps des responsables du SLAM. Ils doivent en revanche assumer la formation constante des membres sur l’évolution de la règlementation ou de la jurisprudence.

Pendant la Grande Guerre, comme dans beaucoup de spécialités, le commerce du livre ancien a été mis en veilleuse jusqu’à l’Armistice et le premier président de l’association, Edgar Rahir, demeura en place 7 ans au lieu des 3 initialement prévus. Il était entouré de conseillers comme Auguste Blaizot, Georges Chrétien ou Léon Carteret, noms qui sont encore familiers à tous les acteurs de la bibliophilie. Le premier projet concret au sortir de la guerre fut de créer un journal, le Bouquiniste français, permettant les échanges entre libraires mais aussi avec les amateurs qui pouvaient y poster leurs questions ou leurs recherches. Peu à peu, la politique de communication a pris des tours plus élaborés : fondation par dix pays (dont la France) d’une Ligue Internationale de la Librairie Ancienne à Copenhague en 1948 pour sceller la réconciliation des peuples ; création et conduite d’un salon international dans les années 80, à la Conciergerie d’abord, puis à la Mutualité et au Grand Palais depuis 2007 ; offre régulière de cycles de formation en faveur des bibliophiles ; publication d’un guide pour néophytes en 2013, etc.

Le syndicat français a toujours eu un rôle particulier au sein de la Ligue Internationale, en raison de la culture bibliophilique particulière de notre pays. Il a reçu trois congrès mémorables à Paris en 1950, 1961 et 1988. Nous sommes fiers de recevoir à nouveau en 2014 l’élite de la librairie internationale pour trois jours de visites extraordinaires organisées à l’Arsenal et à la bibliothèque François Mitterrand, au château de Chantilly, à la bibliothèque Mazarine et au Petit-Palais, dans des expositions privées qui témoignent de la riche diversité du patrimoine écrit national.

Le SLAM contribue aussi au maintien de règles déontologiques strictes dans un marché gangrené par le para-commercialisme et menacé par la spéculation. Il assure le dialogue entre administrations, particuliers et professionnels. Une cellule de veille en lien avec les autorités alerte le marché et les pouvoirs publics dans des cas d’escroquerie isolée ou en bande organisée et un comité d’éthique veille au respect des règles de la profession.

En un siècle, 28 libraires se sont succédé à la direction du syndicat, dans les heures difficiles comme dans des époques florissantes. Des équipes de bénévoles - soutenues par une déléguée générale - se passent discrètement le relai, mandat après mandat, pour maintenir dans le public le goût des beaux livres et des manuscrits, épauler le bibliophile dans sa quête et verbaliser un penchant que beaucoup taisent comme s’il était honteux ou inaccessible à autrui.

Le SLAM compte aujourd’hui 250 membres, chiffre stable depuis des décennies, et son activité repose entièrement sur les cotisations de ses membres, sans soutien ni public, ni privé.

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